On a écouté White Women, le dernier album de Chromeo et …

… Et ? On repassera pour ce que l’on nomme souvent le disque de la maturité quand il s’agit du troisième. Sept an après l’ovni Fancy Footwork qui avait sacré les montréalais Dave 1 et P-thugg rois de l’électro funk, ce White Women est l’œuvre du « oui, mais ».

La moitié de l’album reprend des recettes surexploitées par le duo canadien et les pères du funk avant eux. Pire, le « WTF » Jealous pourrait être la dernière bouse de Pitbull ou Kesha si la voix inimitable de David Macklovitch n’était pas là. Les singles Over Your Shoulder et Sexy Socialite sonnent toujours aussi bien, mais pas de surprise tant ils ont aidés à teaser l’opus. 

Les featurings, pourtant prestigieux, ne provoquent qu’une demi-molle à l’écoute. Lost On The Way Home commence tremolo smooth, la voix de Solange entre et boom ! La magie opère directement. Hélas la structure de 5 min est très plate, l’euphorie retombe, on s’ennui un peu. Comme sur Come Alive, où la voix de Toro Y Moi vient rajouter un joli timbre et des cœurs intéressants, mais c’est tout. On aurait aimé que le groupe laisse plus de place au producteur tant sa patte est large en terme d’influences.

Du beau, du bon…? Ezra’s Interlude (collaboration avec Ezra Koenig de Vampire Weekend) apporte une jolie tristesse avec ces accords mineurs (en opposition aux tonalités majeures, généralement joyeuses et dansantes). Belle progression du morceau qui est cependant trop court. En fermant les yeux, Hard To Say No nous envoie dans le décor du Sexy Cool de Katerine. Le titre pourrait bien faire un « tubounet » cet été avec ce rythme plus cool, ces synthés sautillants et cette mélodie de guitare imparable. Dommage qu’elle ne revienne pas plus souvent. Sur Old 45’s, la batterie claquante et les accents vocaux me font penser à du Prince. Le sex-appeal de Dave et Pat s’exprime bien là. Un kebab que Frequent Flyer sera remixé à tort et à travers. Le synthé basse syncopé au son pré acid, si typique de la fin 80 (un pin’s PiiAF à gagner pour le lecteur qui me retrouve la bécane correspondante), le « Higher !  » du refrain et la guitare psychédélique font le job, mon track préféré.

Que cet album fut attendu ! La faute de Warner qui voulait capitaliser sur les gros singles ? Le « tubesque » Fancy Footwork avait posé les bases de la « Chromeo Touch ». Cette happy funk 80 / nu disco / électro est à la fois leur meilleure arme et un piège à tourner en rond. Business Casual n’apportait rien de vraiment neuf si ce n’est une continuité, idem avec White Women. En a-t-on assez du kitch ? On le retrouve systématiquement dans des textes légers, au personnage névrosé et un peu looser avec les filles. C’est du funk me direz-vous ! Oui, mais ! Les années 10 sont exigeantes, beaucoup de producteurs ont ingurgités des décennies si différentes que les mélanges sont explosifs. Ne surfer que sur un « truc qui fait crac boum hu ! », aussi sexy soit-il, c’est s’exposer à la lassitude.

L’ensemble reste assez bon et la réalisation est vraiment meilleure que précédemment. Ce White Women tournera aisément dans votre baladeur si vous êtes fan du groupe ou d’électro funk. Mais si vous découvrez Chromeo et qu’il n’y a qu’un album à garder, alors je vous conseille encore Fancy Footwork, même si le son est plus brut.

Bonus : Sexy Socialite me fait toujours danser comme un épileptique, calez le son sur les images de cette vidéo et vous comprendrez.

Jealous =


Come Alive =


Over Your Shoulder =


Sexy Socialite =


Ezra’s Interlude =


Frequent Flyer =


Dans l’ordre